Produire les citadines électriques en France. Pourquoi est-ce pertinent et possible?

Type de publication:

Report

Source:

Fondation pour la Nature et l'Homme / Institut Mobilités en Transition (2024)

URL:

https://www.fnh.org/produire-citadines-electriques-france/

Résumé:

Avec les contributions de : Jean-Marie Robert et al. (CFDT), Emmanuel Palliet (Syndex),
Nicolas Berghmans (IDDRI), Clémentine Baldon (Baldon Avocats)
Publication réalisée avec le support technique de : Clément Dupont-Roc (CWAYS) et Bernard Jullien

Cette étude est née d’une collaboration entre la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) et l’Institut Mobilités en Transition (IMT-IDDRI), qui travaillent depuis plusieurs années sur les impacts sociaux et industriels de la transition énergétique dans les trans- ports et en particulier dans le secteur automobile. Au vu de l'histoire des délocalisations ayant affecté le secteur industriel automobile français ces vingt dernières, nous nous sommes interrogés sur les atouts et les faiblesses éventuelles de la France et des acteurs français concernant la localisation de la production de citadines électriques dans l’hexagone.
Si les discours et ambitions répétées appellent à la ré- industrialisation et au “made in France”, force est de constater que leur succès est encore mitigé. Dans le secteur automobile, l’insuffisante compétitivité française est régulièrement pointée du doigt comme un frein à la localisation des capacités de production en France, tandis que, depuis 2020 et le vrai décollage du VEB (Véhicules électriques à Batterie), le spectre d’une invasion inéluctable de notre marché par des véhicules produits à l’étranger, notamment chinois, est souvent brandi. Objectiver ces affirmations et challenger les idées reçues est un prérequis pour crédibiliser la localisation de la production automobile en France.
Bien que le report modal ou le développement d’alternatives à la voiture soient des mesures prioritaires pour décarboner le secteur des transports, l'électrification du parc est un des leviers indispensable pour décarboner la route et sortir au plus vite des énergies fossiles. Une révolution technologique est par conséquent engagée, que ce soit en termes d’innovations ou de capacités industrielles. Les asiatiques ont claire- ment pris de l’avance et les Etats unis rattrapent rapi- dement leur retard grâce à l’IRA de Joe Biden et une série de mesures protectionnistes. Dans ces conditions, l’Europe et singulièrement la France ne peuvent rester à la traîne de cette transition technologique.
L’acceptabilité sociale du véhicule électrique ne sera acquise que si elle permet une transformation économique synonyme d’activités et d’emplois, non l’inverse. Une transition plus inclusive et socialement acceptable implique également de favoriser l’accessibilité des véhicules en diminuant leur coût. Alors que l’offre de
véhicules électriques a jusqu’ici plutôt concerné en Europe des véhicules de grandes tailles et des SUV, il convient d’inverser la tendance vers plus de sobriété. La taille et le poids des véhicules sont directement liés à leur consommation énergétique et à leur bilan car- bone en production, sans parler du contenu en matières premières dont l'accessibilité sera contrainte dans la prochaine décennie . L’ensemble de ces éléments suppose de privilégier des véhicules moins im- posants et plus adaptés aux usages de mobilités au quotidien.
Ce rapport présente une série de leviers permettant de mettre en place les conditions de la compétitivité et de la localisation de la production de véhicules électriques de petite taille en France. Il démontre que les conditions de la compétitivité du site France sont à portée de main et souligne l’importance d’accompagner la transformation industrielle avec des moyens et mesures ponctuelles pour palier à court terme les be- soins de financement et de formation d’une part, mais souligne la nécessité de se doter d’un cadre qui installe dans la durée une demande et des leviers de productivité d’autre part. Pour cela, nous montrons que la constance dans les choix des acteurs économiques, et notamment dans leur stratégie industrielle de localisation, est déterminante : la délocalisation ne peut plus être considérée comme une variable d’ajustement ou de mise en compétition systématique des sites pour réduire les coûts. Il existe pour cela des moyens qui donnent de la valeur à la performance environnementale, qui est un atout des productions européennes et en particulier française.
Il est possible et urgent d’enclencher une dynamique vertueuse, afin d’orienter la production et la demande de véhicules vers des citadines électriques. C’est ainsi rappeler que climat et justice sociale peuvent aller de pair avec une stratégie industrielle solide et que la transition écologique peut être à la fois le moteur de la réindustrialisation et de politiques plus inclusives.

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